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Phantasy / Because Music
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BIO

Connan Mockasin a une vision du monde délicieusement décalée et merveilleusement singulière, qui s’avère rapidement contagieuse. Difficile en effet de ne pas y revenir lorsqu’on y a goûté une fois. Il confie par exemple à propos de ses jeux d’enfants : “Quand j’étais gamin ma mère m’avait donné une soudeuse et du coup je ramenais dans le jardin tous les tuyaux et autres saletés que je trouvais, le transformant en un véritable dépôt de ferrailles au grand désespoir de nos voisins... J’étais vraiment obsédé par les fêtes foraines et les trains fantômes.” Bienvenu dans l’univers merveilleux, décalé et enchanté de Connan Mockasin. 

A l’instar,du regard surréaliste de David Lynch sur la banlieue américaine ou des peintures de Richard Prince sur les figures culturelles modernes, Mockasin, un néozélandais résidant actuellement à Londres, concocte une jolie musique décalée tout aussi déstabilisante que fascinante, stimulante qu’hypnotique, surprenante que séduisante. Il compte d’ailleurs parmi ses fans des gens aussi différents que Johnny Marr et Radiohead ou encore Pedro Winter. Sur une scène pop inondée de formations à guitares sombres surproduites et toujours en quête du prochain gros coup, l’originalité se fait malheureusement rare. Fort de son univers ingénu et puéril, Connan est donc un pur ovni, un véritable auteur pop qui s’inscrit dans la lignée d’autres artistes atypiques comme Joe Meek et Brian Wilson, voire cultes comme Ariel Pink, Sufjan Stevens et John Maus. 

“Forever Dolphin Love”, un album que Connan a écrit au cours d’un été torride, alors qu’il campait aux environs de la maison de ses parents, évoque la beauté et la solitude des soirées estivales, jalonné de tangentes psychédéliques, d’interludes de jazz et de guitares qui résonnent longtemps à nos oreilles. Ses nombreux déplacements – il a notamment quitté son Te Awanga natal pour s’installer à Londres afin d’y former Connan And The Mockasins en 2006, avant de refaire le même trajet quelques années plus tard pour lancer cette fois Connan Mockasin – ont d’une certaine façon contribué à produire cet album tellement hors du commun que plusieurs écoutes sont parfois nécessaires pour l’appréhender pleinement. C’est un disque qui existe à part entière, une sorte d’univers parallèle flottant en toute liberté, où le psychédélisme peut se transformer imperceptiblement en salsa (“Faking Jazz Together”), tandis que de brefs interludes époustouflants (“Grandpa Moff”) côtoient des titres épiques irrésistible (la chanson qui a donné son titre à l’album), sans oublier surtout la voix étrange et aérienne de Connan – qui ne chante d’ailleurs pas toujours en anglais mais aussi dans une langue de sa propre invention – délicieusement inaccessible. 

Difficile de s’imaginer que l’instigateur d’un opus si étrange (et étrangement beau) ait pu aimer lorsqu’il était plus jeune des artistes aussi grand public que Prince, Michael Jackson et les B-52’s. Ce fut pourtant le cas de Connan, qui n’a rien de conventionnel en lui et dont le talent multidisciplinaire n’est pas sans évoquer Wayne Coyne et Micachu And The Shapes. Car loin de se contenter d’être l’un des musiciens actuels les plus singuliers, Connan est aussi un peintre original et brillant, comme en témoignent les superbes dessins de dauphins, représentant le mammifère transformé en être humain tout souriant, parfois vêtu, parfois pataugeant dans des piscines aux couleurs vives. “Avant j’avais peur et je n’osais pas montrer mes dessins aux gens”, avoue-t-il. “Mais on m’y a poussé à l’occasion de la sortie de cet album, ce qui est bien. J’en ai besoin de dessiner, j’ai toujours adoré ça". Connan, qui a plus d’une corde à son arc, a également assuré l’enregistrement, la production et le mix de l’album dans son intégralité. 

Cette créativité ingénieuse et brillante et son charme hors du commun ont attiré l’attention d’Erol Alkan, qui a signé Connan sur son label Phantasy après avoir écouté les premières démos du projet. Erol raconte : "En total décalage avec tout ce qui se passait autour de lui, il est néanmoins parvenu à capter l’attention de centaines de personnes entassées dans un night-club plein à craquer en interprétant sur scène certaines des plus belles chansons que j’aie entendues depuis des années. Un tel pouvoir est une chose rare.” 

Connan est le premier à sortir un album sur le label Phantasy d’Alkan, une écurie idéale, réunissant déjà ses acolytes de Late Of The Pier et l’avant-gardiste Babe Terror, pour un artiste qui va certainement évoluer et se réincarner (et éventuellement se réinventer ?) au fil du temps. Après avoir enfin trouvé un son qui lui correspond, Connan qui “était las de jouer pour des gens qui n’aimaient pas ce que je faisais”, est revenu à Londres où il a découvert l’existence d’un collectif d’artistes expérimentaux dans la même lignée que lui comme Micachu & The Shapes et The Invisible, ainsi que Sam Eastgate de Late Of The Pier (avec lequel il collabore actuellement sur un projet parallèle baptisé Soft Hair), ouvrant une voie pour l’un des musiciens les plus captivants du moment.

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